Fruits et légumes en Algérie : une loi appliquée… mais ignorée sur le terrain

Fruits et légumes en Algérie : une loi appliquée… mais ignorée sur le terrain

Malgré son entrée en vigueur, le décret sur le nettoyage obligatoire des produits agricoles se heurte à une réalité inquiétante : le non-respect généralisé.

Omar M.
Omar M. 02 Apr 2026

Depuis le 26 mars 2026, une nouvelle règle devait changer le quotidien des consommateurs en Algérie.
Une règle simple, presque évidente : ne plus payer pour de la terre, des feuilles ou des tiges inutiles.

Mais quelques jours seulement après son entrée en vigueur, le constat est alarmant.

L’APOCE tire la sonnette d’alarme, la loi est largement ignorée sur le terrain.

Une réforme pensée pour protéger le consommateur

Sur le papier, le décret est clair.

Désormais, les fruits et légumes doivent être :

  • Nettoyés

  • Débarrassés de leurs surplus

  • Présentés sans éléments qui faussent le poids

Avec l'objectif de mettre fin à une pratique injuste où le consommateur paie plus que ce qu’il consomme réellement

Trois enjeux majeurs structurent cette réforme :

  • Transparence commerciale

  • Hygiène alimentaire

  • Réduction des déchets

Une mesure à la fois économique et sanitaire.

Une réalité de marché totalement différente

Mais sur les marchés, la situation est toute autre. Des observations montrent des carottes toujours couvertes de terre, des oignons vendus avec leurs longues tiges et des produits non nettoyés, comme avant

Le décret existe, mais son application reste quasi inexistante

Selon l’APOCE, le problème ne date pas d’hier, une campagne de sensibilisation avait déjà été lancée dès 2024.
Certaines dispositions existent même depuis 1994, sans jamais avoir été réellement appliquées.

Résultat de tout cela une normalisation de la pratique illégale, acceptée par :

  • Les commerçants

  • Et parfois… les consommateurs eux-mêmes

Le vrai problème : l’absence de contrôle

Le cœur du blocage est identifié : le manque de contrôles et de sanctions.

Sans inspections régulières ni amendes dissuasives, la loi risque d'être ignorée ou pire, oubliée.

Les associations alertent :

Sans action rapide, ce décret pourrait devenir un texte de plus… sans impact réel.

Un enjeu direct pour le pouvoir d’achat

Derrière cette problématique, il y a une réalité concrète : Chaque kilo acheté contient parfois une part non négligeable de déchets.

Ce qui signifie un coût réel plus élevé et une perte directe pour le consommateur.

Ce décret représente une avancée importante, mais sans application stricte, il reste théorique.

L’enjeu désormais est clair :

  • Renforcer les contrôles

  • Imposer des sanctions

  • Changer les habitudes du marché

Car derrière cette réforme, c’est la crédibilité même des lois de protection du consommateur qui est en jeu.