Le président de la République Abdelmadjid Tebboune effectue une visite officielle en Turquie dans un contexte marqué par une montée en puissance spectaculaire des relations économiques et industrielles entre les deux pays.
Cette visite vise à renforcer davantage la coopération stratégique entre Alger et Ankara, notamment à travers la première session du Conseil de coopération stratégique de haut niveau coprésidée par Abdelmadjid Tebboune et son homologue Recep Tayyip Erdoğan.
Une relation économique en pleine expansion
Au fil des dernières années, la Turquie est devenue l’un des partenaires économiques les plus importants de l’Algérie hors Union européenne.
Les échanges commerciaux entre les deux pays dépassent aujourd’hui les 6,5 milliards de dollars, avec un objectif affiché de 10 milliards de dollars à moyen terme.
Cette dynamique dépasse désormais le simple commerce traditionnel. Elle touche plusieurs secteurs stratégiques :
sidérurgie
textile
bâtiment et travaux publics
agroalimentaire
électroménager
plastiques
matériaux de construction
Aujourd’hui, près de 1 600 entreprises turques opèrent en Algérie, pour un volume d’investissements estimé à 7,7 milliards de dollars.
Tosyali, symbole du partenariat industriel
L’exemple le plus emblématique reste celui de Tosyali Holding à Oran.
Le groupe sidérurgique turc est devenu un acteur majeur de l’industrie algérienne grâce à un vaste complexe de production orienté vers le marché local mais aussi vers l’exportation.
Pour l’Algérie, ce type d’investissement représente un levier stratégique :
création d’emplois
transfert industriel
hausse des exportations hors hydrocarbures
intégration de nouvelles chaînes de production
Une coopération qui dépasse les hydrocarbures
La relation entre Alger et Ankara repose également sur une complémentarité énergétique importante.
La Turquie importe du gaz naturel liquéfié algérien, tandis que l’Algérie achète des équipements industriels, des produits manufacturés et divers intrants turcs.
Cette coopération s’élargit progressivement vers :
les infrastructures
la logistique
le transport aérien
les services bancaires
l’agriculture
Le nombre de vols hebdomadaires entre les deux pays est d’ailleurs passé de 35 à 80, signe d’une intensification des échanges humains et économiques.
Un partenariat stratégique pour l’avenir
Dans un contexte mondial marqué par les tensions économiques et la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement, Alger et Ankara cherchent à bâtir une relation durable basée sur la coproduction et l’investissement.
Pour l’Algérie, ce partenariat soutient les ambitions de réindustrialisation et de diversification économique.
Pour la Turquie, l’Algérie représente :
un partenaire énergétique fiable
un marché stratégique de plus de 45 millions d’habitants
une porte d’entrée vers l’Afrique et le Sahel
Cette visite présidentielle pourrait ainsi ouvrir la voie à de nouveaux accords dans les secteurs industriels, énergétiques et logistiques, consolidant davantage la position des deux pays sur l’échiquier économique régional.