L’eau devient une priorité nationale : l’Algérie accélère sa stratégie pour éviter la crise

L’eau devient une priorité nationale : l’Algérie accélère sa stratégie pour éviter la crise

Entre dessalement, barrages et technologies innovantes, l’État redéfinit sa politique hydrique pour sécuriser l’avenir.

Omar M.
Omar M. 21 Apr 2026

C’est un virage stratégique majeur, réuni à Alger, le Conseil des ministres a placé la gestion de l’eau au sommet des priorités nationales. Une décision qui ne relève plus de l’anticipation, mais de l’urgence.

Face au stress hydrique et aux défis climatiques, Abdelmadjid Tebboune a donné une instruction claire :
bâtir une politique hydraulique durable, efficace et tournée vers le long terme.

Une bataille pour sécuriser l’or bleu

L’Algérie intensifie ses investissements pour garantir un accès stable à l’eau potable :

  • construction de stations de pompage et de traitement

  • modernisation des réseaux existants

  • développement de systèmes d’épuration avancés

  • généralisation du dessalement de l’eau de mer

Le dessalement devient même un pilier stratégique, avec un objectif ambitieux, 60 % de l’eau potable issue de la mer d’ici 2030

Une montée en puissance des capacités hydriques

Aujourd’hui, le pays dispose de plus de 80 barrages et une capacité de stockage de 8,3 milliards de m³ avec un objectif à horizon 2030 atteindre 12 milliards de m³

À cela s’ajoutent des réseaux de transfert hydrauliques reliant différentes régions pour réduire les inégalités d’accès.

Résultat, un taux de raccordement à l’eau potable de 98 % et un niveau qui place l’Algérie parmi les pays les plus avancés dans ce domaine.

Une approche globale face à un défi structurel

Mais la stratégie ne se limite pas à produire plus.

Elle repose sur un modèle intégré :

  • réutilisation des eaux usées

  • gestion des nappes phréatiques

  • optimisation de la consommation

  • intégration des technologies innovantes

Car l’enjeu est double : répondre à la demande actuelle et préserver la ressource pour les générations futures

Un équilibre fragile à maintenir

Avec l’agriculture qui consomme jusqu’à 70 % des ressources, la pression reste forte.

Le défi est donc clair, trouver un équilibre entre besoins humains et impératifs écologiques et surtout changer les comportements.

Car malgré les investissements massifs, une réalité demeure, la sécurité hydrique dépend aussi des citoyens