Paris et Alger renouent le dialogue diplomatique

Paris et Alger renouent le dialogue diplomatique

L’ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet, dresse un état des lieux des relations franco-algériennes et évoque une reprise progressive des échanges après une longue période de crispation.

Omar M.
Omar M. 14 Jan 2026

Après plus d’un an et demi de relations marquées par des tensions persistantes, la France et l’Algérie amorcent une reprise de contact diplomatique. Une évolution confirmée par l’ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet, qui a récemment fait le point sur l’état des relations entre Paris et Alger.

Cette période de crispation, étalée sur près de 18 mois, a été marquée par plusieurs dossiers sensibles, notamment les questions mémorielles, la réduction des visas, les enjeux migratoires et certains différends politiques. Autant de sujets qui ont conduit à un refroidissement notable des échanges diplomatiques et à une coopération ralentie.

Selon Stéphane Romatet, les deux pays sont désormais engagés dans une phase de rétablissement progressif du dialogue, avec la volonté de remettre en fonctionnement les canaux diplomatiques habituels. Cette reprise se veut prudente, structurée et basée sur une meilleure compréhension mutuelle des attentes de chaque partie.

Une reprise sous conditions

Du côté français, l’objectif affiché est de normaliser les relations avec un partenaire stratégique en Méditerranée et en Afrique du Nord. Paris souhaite relancer la coopération dans des domaines clés tels que :

  • l’économie et l’investissement,

  • la sécurité régionale,

  • la mobilité et les échanges humains,

  • la coopération culturelle et éducative.

Pour l’Algérie, cette reprise du dialogue s’inscrit dans une logique de respect de la souveraineté nationale et d’un partenariat équilibré. Alger continue de souligner l’importance d’un traitement responsable des dossiers mémoriels et migratoires, considérés comme centraux dans la relation bilatérale.

Vers une nouvelle phase des relations franco-algériennes ?

Si aucune annonce spectaculaire n’a été faite, cette reprise de contact marque un signal politique fort, traduisant une volonté commune de dépasser les blocages accumulés. Les prochains mois devraient permettre de mesurer la solidité de ce rapprochement progressif, à travers des actes concrets et des décisions bilatérales.

En dressant ce constat, Stéphane Romatet souligne que le dialogue reste la seule voie pour construire une relation durable entre deux pays liés par une histoire complexe, mais aussi par des intérêts stratégiques majeurs.