L’ancienne ministre française Ségolène Royal, présidente de l’association France-Algérie, a vivement critiqué la position de Paris sur les relations avec Alger et appelé le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, à se rendre sans condition en Algérie pour relancer le dialogue diplomatique entre les deux pays.
De retour en France après une visite à Alger la semaine dernière, Mme Royal a estimé que les autorités algériennes sont prêtes au dialogue, mais que les conditions posées par Paris freinent toute avancée significative. Sur le plateau d’une chaîne française, elle a insisté : « Il faut que le ministre de l’Intérieur aille sur place, il est attendu », tout en critiquant le fait que Paris impose des préalables à cette visite.
Des conditions qui prolongent le blocage
Selon les déclarations officielles, Laurent Nuñez lie encore sa visite à des avancées sur deux dossiers sensibles : la reprise des reconduites de ressortissants algériens en situation irrégulière en France et la situation du journaliste français Christophe Gleizes, récemment transféré près d’Alger après avoir été condamné pour apologie du terrorisme.
Ces conditions ont été qualifiées de **« minimalistes » par le ministre lui-même, qui a cependant affirmé qu’il irait « lorsqu’il y aura une amorce de réponse d’Alger ». Il a assuré que les discussions techniques et les échanges sécuritaires entre services avaient repris, mais que le rythme des négociations restait lent.
Pour Ségolène Royal, cette approche remet en cause la volonté réelle de relancer la coopération entre les deux pays. « Quand on pose des conditions, c’est qu’on ne veut pas y aller », a-t-elle déclaré, soulignant que l’Algérie, bien que traversant une crise diplomatique avec Paris, reste disposée à engager des échanges fructueux.
Un contexte de relations tendues
Les relations entre la France et l’Algérie ont connu une forte dégradation depuis 2024, notamment en raison de désaccords sur des questions historiques, diplomatiques et migratoires. Malgré des tentatives de reprise du dialogue sécuritaire, la crise reste palpable, avec des attentes politiques et techniques de part et d’autre.
Ségolène Royal appelle à dépasser ces blocages pour instaurer une relation plus équilibrée et ouverte entre Paris et Alger, insistant sur le fait que l’inaction ou l’isolement diplomatique ne servent aucun des deux pays.