Les relations entre l’Algérie et la France semblent amorcer un nouveau tournant. Les ministres des Affaires étrangères, Ahmed Attaf et Jean‑Noël Barrot, ont repris contact dimanche 15 mars afin de discuter de l’avenir de la coopération entre les deux pays.
Cet échange marque une reprise du dialogue diplomatique après plusieurs mois de silence entre les deux capitales, dans un contexte international particulièrement instable.
Un dialogue relancé après des mois de tensions
Selon les informations communiquées par le Ministère des Affaires étrangères de l’Algérie, la conversation entre les deux ministres a porté sur l’état des relations bilatérales ainsi que sur plusieurs dossiers régionaux stratégiques.
Les discussions ont notamment abordé la situation sécuritaire au Sahel, le processus de règlement du conflit au Sahara occidental, ainsi que l’escalade des tensions au Moyen‑Orient et ses répercussions sur la stabilité internationale.
Cette reprise des échanges intervient après une période de refroidissement diplomatique entre les deux pays, entamée en 2024 et marquée par plusieurs différends politiques.
Sécurité et migration au cœur des discussions
Du côté français, le Quai d’Orsay a indiqué que les discussions visaient à relancer la coopération franco-algérienne autour de plusieurs priorités.
Les deux ministres ont notamment évoqué les questions liées à la sécurité régionale et à la gestion des flux migratoires, deux dossiers sensibles pour les deux pays.
Le ministre français Jean‑Noël Barrot a également souligné la nécessité d’obtenir des résultats concrets pour les deux nations.
Le cas du journaliste Christophe Gleizes
Lors de cet échange, le chef de la diplomatie française a aussi évoqué la situation du journaliste Christophe Gleizes, condamné en Algérie à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme ».
Selon le Quai d’Orsay, Paris suit ce dossier avec une attention particulière et continue de plaider pour une solution.
Vers une normalisation progressive des relations
Cette reprise du dialogue intervient dans un contexte de tentative de normalisation entre Paris et Alger.
La dynamique avait déjà été amorcée à la mi-février lors de la visite à Alger de Laurent Nuñez, qui avait rencontré le président Abdelmadjid Tebboune.
À l’issue de cette rencontre, le responsable français avait annoncé la reprise d’un dispositif de coopération sécuritaire de haut niveau entre les deux pays.
Par ailleurs, plusieurs sources évoquent le retour prochain à Alger de l’ambassadeur de France Stéphane Romatet, rappelé à Paris en avril 2025 sur décision du président Emmanuel Macron, dans un climat de fortes tensions diplomatiques.
Si ces signaux se confirment, ils pourraient marquer le début d’une normalisation progressive des relations entre l’Algérie et la France.