Le projet de gazoduc transsaharien (TSGP), visant à relier les importantes réserves gazières du Nigeria à l’Algérie via le Niger, est au centre d’un débat stratégique autour de sa faisabilité. Un expert américain, le professeur Geoff D. Porter, a récemment estimé que ce chantier n’est ni irréalisable ni exceptionnellement complexe, défendant sa mise en œuvre technique tout en répondant à certaines critiques.
Dans une analyse publiée cette semaine, l’expert, directeur général d’une société de conseil en gestion des risques en Afrique du Nord, a expliqué que le TSGP est techniquement faisable et stratégique pour les pays impliqués. Contrairement à certaines idées reçues, il a affirmé que le tracé à travers deux juridictions n’est pas particulièrement difficile à réaliser, notamment si l’on tient compte des infrastructures existantes qui permettront de raccorder le gazoduc aux réseaux de distribution européens.
Selon cette analyse, le gazoduc envisagé s’étendrait sur plus de 4 100 km, depuis les zones gazières du Nigeria jusqu’à l’Algérie, en passant par le Niger, avec une capacité nominale prévue d’environ 30 milliards de mètres cubes par an. Ce volume pourrait renforcer l’approvisionnement des marchés européens.
L’expert a également abordé les aspects techniques du projet, en précisant que le gazoduc ne serait pas simplement posé à la surface du désert : il serait enterré, avec seulement les stations de compression visibles, ce qui améliore sa sécurité et sa stabilité.
Parmi les facteurs favorables à la réalisation du TSGP, M. Porter a souligné l’expérience de Sonatrach, la compagnie nationale algérienne des hydrocarbures, qui a évolué au fil des années pour devenir un acteur influent avec des capacités humaines et financières importantes.
Ce point de vue intervient alors que les discussions sur la relance et la concrétisation du projet se multiplient, notamment entre l’Algérie, le Niger et le Nigeria, qui ont déjà signé des accords pour accélérer les études de faisabilité et les plans de coopération énergétique.