L'Accord de 1968 France-Algérie Menacé par un Vote Serré au RN

L'Accord de 1968 France-Algérie Menacé par un Vote Serré au RN

L'Assemblée nationale française adopte à une voix près une proposition du Rassemblement National pour dénoncer l'accord migratoire de 1968, ravivant les tensions avec Alger.

Omar M.
Omar M. 31 Oct 2025

Dans un climat déjà tendu entre Paris et Alger, l'Assemblée nationale française a franchi un cap symbolique lors de sa "niche parlementaire", le Rassemblement National (RN) a soumis une proposition de résolution visant à dénoncer l'accord franco-algérien signé en 1968, six ans après l'indépendance de l'Algérie. Le texte a été adopté à une voix près, marquant une victoire étroite pour le parti de Marine Le Pen.

Signé sous de Gaulle, cet accord historique facilite l'entrée et le séjour des ressortissants algériens en France. Il accorde notamment des titres de séjour de 10 ans via une procédure accélérée, un statut privilégié justifié à l'époque par les besoins en main-d'œuvre post-coloniale. Aujourd'hui, le RN dénonce un "avantage exorbitant" qui pèserait sur les finances publiques françaises et compliquerait la maîtrise des flux migratoires.

Le vote, serré, reflète les divisions au sein de la majorité macroniste et de l'opposition. Des rapports récents, comme celui des députés Charles Rodwell et Mathieu Lefèvre, chiffrent le surcoût économique massif lié à cet accord, incluant des retraites non remboursées par Alger. Marine Le Pen a salué cette avancée sur les réseaux, affirmant que l'accord "n'a plus lieu d'être" dans le contexte actuel.

Côté algérien, silence radio officiel pour l'instant, mais cette initiative risque d'attiser les braises d'une relation bilatérale déjà fragilisée par des différends sur la mémoire coloniale, les visas et le Sahara occidental. Des sources diplomatiques évoquent un possible cycle de représailles, avec Washington observant de près pour imposer sa ligne pro-marocaine dans la région.

Ce vote n'est pas contraignant, mais il envoie un signal fort. Il s'inscrit dans une série de rapports choc soulignant le "coût" de cet héritage postcolonial pour la France. Alger, de son côté, pourrait durcir sa position sur les coopérations sécuritaires et économiques. Affaire à suivre, car une dénonciation formelle nécessiterait un processus bilatéral complexe.

Ce scrutin à une voix près illustre les fractures persistantes entre les deux rives de la Méditerranée. L'accord de 1968, symbole d'une réconciliation inachevée, est-il condamné ? Les prochaines semaines diront si Paris activera cette bombe diplomatique.