Le projet de la mine de zinc et de plomb située entre Amizour et Tala Hamza, dans la wilaya de Béjaïa, se rapproche de son lancement effectif prévu pour juillet 2026. Une nouvelle réunion de suivi, qualifiée d’« étape décisive », s’est tenue au siège de la wilaya en présence du groupe Sonarem, de Western Mediterranean Zinc (WMZ), des autorités locales et d’élus.
Un projet stratégique pour l’économie nationale
Selon Sonarem, le projet s’inscrit dans une vision économique et sociale plus large :
renforcer le secteur minier national,
contribuer au développement régional,
diversifier les sources de revenus hors hydrocarbures.
La directrice du projet a présenté un point détaillé sur l’évolution des travaux logistiques et administratifs. Les préparatifs avancent, mais certaines problématiques restent sensibles.
Le dossier des indemnisations : un point de tension persistant
Les principaux blocages concernent les citoyens expropriés.
Depuis plus de deux ans, les habitants demandent :
une réévaluation des indemnisations selon les prix réels du marché,
ou à défaut, l’octroi de terrains équivalents à ceux récupérés par l’État.
Certains réclament même des logements pour reloger les familles qui seront contraintes de quitter leurs bâtis.
Le DG par intérim de Sonarem, Redha Belhadj, a affirmé que toutes les mesures seront prises pour garantir les droits des citoyens, dans la transparence et le respect des délais, afin de faire de ce projet un modèle de gestion.
Les autorités appellent à une coordination totale
Le wali de Béjaïa a ordonné une mobilisation renforcée des services :
Domaines,
Affaires générales et réglementation,
Trésor public.
Il insiste sur une coordination totale pour finaliser les procédures d’expropriation dans les meilleurs délais.
Pourtant, malgré les assurances, les contestations persistent.
Des mesures déjà engagées, mais jugées insuffisantes
En décembre 2024, la secrétaire d’État chargée des Mines, Karima Tafer, a rencontré les habitants concernés. Plusieurs mesures avaient alors été prises :
majoration de 30 à 50 % du prix des terres agricoles proches de la mine,
possibilité d’attribuer des logements sociaux,
étude de l’octroi de parcelles compensatoires au lieu d’une indemnisation financière simple.
Malgré ces avancées, une partie des citoyens considère que les montants proposés restent insuffisants au regard du marché foncier local.
Une phase décisive à 8 mois du lancement
À huit mois du démarrage officiel de l’exploitation, le projet avance, mais demeure confronté à un enjeu majeur :
trouver un équilibre entre intérêt économique national et justice sociale pour les populations locales.
La réussite du projet dépendra en grande partie de la résolution définitive du dossier des indemnisations.