L’Algérie a officiellement mis en application son nouveau code de la route après la publication de la loi n°26-09 du 2 mai 2026 au Journal officiel ce 20 mai. Ce texte introduit un important durcissement des sanctions afin de lutter contre les accidents de la circulation qui causent chaque année des milliers de victimes à travers le pays.
Le nouveau dispositif prévoit des peines de prison très lourdes dans certains cas, notamment lors d’accidents mortels impliquant des comportements jugés dangereux ou irresponsables.
De nouvelles interdictions pour les conducteurs
Le texte introduit plusieurs nouvelles règles visant à renforcer la sécurité routière.
Les enfants désormais mieux protégés
Le nouveau code interdit :
Le transport des enfants de moins de 10 ans sur les sièges avant des véhicules
Le transport des enfants de moins de 8 ans sur une moto ou un cyclomoteur
En revanche, aucune obligation de siège enfant à l’arrière n’a été imposée.
Téléphone au volant : tolérance zéro
L’utilisation manuelle du téléphone portable pendant la conduite est désormais strictement interdite.
Le conducteur ne peut également plus :
Porter des écouteurs sur les deux oreilles
Utiliser des appareils audiovisuels à l’avant du véhicule, sauf pour la navigation ou l’aide à la conduite
Ces infractions peuvent désormais aggraver considérablement les peines en cas d’accident.
Les professionnels du transport davantage encadrés
Le nouveau texte impose également un brevet professionnel obligatoire pour les conducteurs exerçant dans :
Le transport collectif
Le transport scolaire
Le transport de marchandises
Le transport de matières dangereuses
Les taxis
Toute activité sans ce document devient illégale.
Jusqu’à 20 ans de prison dans certains cas
Le nouveau code prévoit des sanctions extrêmement sévères pour les accidents mortels.
Entre 3 et 7 ans de prison
Cette peine s’applique notamment lorsqu’un conducteur impliqué dans un homicide involontaire :
Utilise son téléphone au volant
Conduit sans permis
Dépasse largement la vitesse autorisée
Fuit après un accident
Ne respecte pas les priorités ou les feux
Effectue des manœuvres dangereuses
Les amendes peuvent atteindre 700 000 dinars.
Alcool et stupéfiants : peines aggravées
Lorsqu’un conducteur provoque un accident mortel sous l’effet de l’alcool ou de stupéfiants, les sanctions montent :
De 5 à 8 ans de prison
Jusqu’à 800 000 dinars d’amende
Les chauffeurs professionnels particulièrement visés
Pour les conducteurs de :
Poids lourds
Bus
Transport scolaire
Taxis
Transport de matières dangereuses
Les peines deviennent encore plus lourdes.
En cas d’accident mortel :
Entre 7 et 12 ans de prison
Jusqu’à 1,2 million de dinars d’amende
Et si l’accident cause plusieurs décès :
Jusqu’à 20 ans de prison
2 millions de dinars d’amende
Excès de vitesse : les amendes explosent
Le nouveau code augmente également les sanctions financières.
Dépassement supérieur à 30%
Amende de 25 000 à 80 000 DA
Dépassement entre 10% et 20%
Amende de 6 000 DA
Les infractions seront constatées via des dispositifs homologués et radars officiels.
Une réforme qui divise
L’adoption de ce nouveau code avait provoqué la colère de nombreux transporteurs début 2026. Plusieurs syndicats avaient dénoncé un texte jugé trop répressif, entraînant même des mouvements de grève.
Après plusieurs ajustements au Conseil de la Nation, la version finale a finalement été validée et publiée officiellement.
Avec cette réforme, les autorités veulent envoyer un signal clair : réduire drastiquement les comportements dangereux sur les routes algériennes et renforcer la sécurité des usagers.