Sayoud clarifie le nouveau Code de la route

Sayoud clarifie le nouveau Code de la route

Devant l’APN, le ministre Said Sayoud a détaillé les axes du projet de loi sur la sécurité routière : calendrier du permis à points, sanctions renforcées et responsabilités partagées pour réduire les accidents.

Omar M.
Omar M. 17 Dec 2025

Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Said Sayoud, a mis les choses au clair devant les députés de l’Assemblée populaire nationale (APN concernant les mesures prévues dans le projet de loi portant nouveau Code de la route, une réforme attendue depuis plusieurs années pour endiguer l’hécatombe des accidents de la circulation.

Permis à points : pas encore en vigueur, objectif 2026

Parmi les nouveautés les plus discutées figure le permis à points, déjà évoqué à plusieurs reprises dans le débat public. Sayoud a confirmé que ce dispositif n’est pas encore prêt à être appliqué en 2025, mais que son introduction pourrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026. L’idée est de responsabiliser davantage les conducteurs en associant à chaque infraction un retrait progressif de points, jusqu’à la suspension du permis pour récidive ou infraction grave.

Ce système, déjà en vigueur dans de nombreux pays, s’inscrit dans une politique routière plus large, qui vise à diminuer les comportements dangereux et réduire le nombre de victimes sur les routes algériennes.

Sanctions et amendes renforcées

Face à des comportements jugés imprudents et à la hausse des accidents, le projet de Code de la route prévoit également un durcissement des sanctions. Selon des premières informations concernant le texte, les amendes routières pourraient être relevées de façon significative (actualisation des barèmes, avec des plafonds pouvant atteindre plusieurs milliers de dinars pour les infractions graves).

L’objectif affiché n’est pas de « terroriser » les conducteurs, mais de renforcer la prévention et d’accroître l’effet dissuasif des sanctions envers les comportements à risque.

État des routes et rôle des infrastructures

Interrogé sur les causes des accidents, Sayoud a reconnu que l’état dégradé de certaines routes contribue au risque routier, mais il a souligné que le comportement humain — excès de vitesse, manœuvres dangereuses, erreurs de conduite, reste un facteur déterminant.

Il a également pointé du doigt la prolifération de ralentisseurs anarchiques, souvent installés sans normes techniques, estimant qu’une large majorité de ces dispositifs ne respecte pas les standards de sécurité. Des instructions ont été données pour retirer ces ralentisseurs et remplacer, le cas échéant, par des installations conformes.

Une réforme en phase avec la lutte contre l’insécurité routière

Le projet de loi sur le Code de la route, présenté par Sayoud devant une commission spécialisée de l’APN, s’inscrit dans un effort global de lutte contre l’insécurité routière, un phénomène qui reste préoccupant dans le pays. Le député a rappelé que le texte vise à :

  • Réorganiser la circulation, en lien avec le développement des infrastructures.

  • Diminuer le nombre d’accidents, en combinant mesures répressives et campagnes de sensibilisation.

  • Renforcer les contrôles et moderniser les équipements des services de sécurité routière.

Ce nouveau Code de la route constitue ainsi l’une des réponses structurelles les plus importantes aux préoccupations exprimées par les familles touchées par les tragédies routières et les acteurs de la sécurité routière.