Argent liquide en Algérie : comment la Banque d’Algérie limite les dépôts en espèces dès 2026

Argent liquide en Algérie : comment la Banque d’Algérie limite les dépôts en espèces dès 2026

La Banque d’Algérie durcit les règles autour de l’utilisation du cash, favorise les paiements scripturaux et encadre strictement les dépôts d’espèces dans les comptes commerciaux.

Fodil H.
Fodil H. 24 Dec 2025

La Banque d’Algérie a adressé une note aux établissements bancaires le 22 décembre 2025 annonçant un durcissement des règles entourant l’utilisation de l’argent liquide dans le système financier national, avec effet à partir de 2026.

Selon la note n°02/DGIG/2025, l’alimentation des comptes commerciaux par des dépôts en espèces ne doit plus être considérée comme une norme, mais comme une exception strictement encadrée. Désormais, les moyens de règlement habituels (tels que les virements et chèques) deviennent la règle, tandis que les versements en liquide ne pourront être effectués que pour des cas exceptionnels dûment justifiés.

Ce durcissement s’explique par la montée des exigences en matière de vigilance financière et de lutte contre les flux à risque, notamment ceux pouvant être associés au blanchiment d’argent ou à la fraude fiscale. Les banques sont ainsi incitées à exercer une surveillance renforcée sur l’origine, le volume et la fréquence des opérations, en les alignant sur le profil des clients et les standards internationaux de conformité.

La nouvelle orientation fait partie d’une stratégie plus large visant à moderniser le système financier algérien. Dans ce cadre, la Banque d’Algérie et le Comité national des paiements ont déjà fixé un objectif ambitieux : parvenir à des transactions sans argent liquide à horizon 2028, incarnant une transformation profonde vers une économie numérisée et bancarisée.

Ce qui change dès 2026

Dépôts en cash limités aux cas exceptionnels justifiés.
Favorisation des paiements scripturaux (virements, chèques, transferts) pour alimenter les comptes commerciaux.
Contrôle renforcé de la conformité des opérations en termes de volume, fréquence et cohérence avec le profil du client.

Objectifs et enjeux

L’objectif principal est d’assurer la transparence des flux financiers, de lutter efficacement contre le blanchiment d’argent, et de réduire l’utilisation de l’argent liquide dans des transactions économiques significatives. Il s’inscrit aussi dans une transformation plus vaste que la Banque d’Algérie poursuit depuis plusieurs années, visant à numériser et sécuriser le tissu financier national.

Impact potentiel

Pour les entreprises et commerçants, cela signifie une plus grande formalisation des opérations quotidiennes et une exigence accrue de traçabilité. Pour les particuliers et petites structures, l’application plus stricte des règles pourrait nécessiter une adaptation des habitudes de paiement vers des solutions électroniques ou bancaires.