L’Algérie connaît un nouveau tournant dans sa politique d’importation automobile. Les réformes inscrites dans la Loi de finances 2025 changent profondément les règles du jeu : l’importation de véhicules est désormais strictement réservée aux particuliers résidant en Algérie, excluant totalement les opérateurs économiques et les importateurs privés.
Cette décision, annoncée par le ministre du Commerce extérieur Kamel Rezig, a immédiatement semé l’inquiétude dans la filière. Pour beaucoup d’experts, l’objectif est clair : maîtriser les flux de devises dans un contexte où les réserves sont sous pression.
Un secteur désormais verrouillé
Jusqu’ici, les entreprises algériennes spécialisées dans l’importation bénéficiaient d’une relative liberté. Désormais, elles sont totalement sorties du circuit.
Les particuliers deviennent les seuls autorisés à importer un véhicule de moins de trois ans… et uniquement tous les trois ans, ce qui réduit drastiquement le volume de voitures pouvant entrer dans le pays.
Cette décision risque de réduire l’offre disponible, pousser les prix vers le haut et fragiliser les importateurs privés qui devront revoir entièrement leur modèle.
Un marché parallèle prêt à s’activer
Face à ces restrictions, un autre scénario plus sombre se dessine :
le recours à des circuits parallèles ou informels, notamment via la Chine, principal fournisseur de véhicules pour l’Algérie.
Certains acteurs pourraient contourner la loi en utilisant :
des mandats d’importation frauduleux au nom de particuliers,
des circuits informels d’achat,
des réseaux d’importateurs installés à l’étranger.
La Chine complique d’ailleurs la situation en imposant, dès 2026, une nouvelle règle : interdiction d’exporter un véhicule neuf avant 6 mois après sa fabrication. Résultat : délais plus longs, prix plus élevés et risque accru d’irrégularités.
Entre réglementation stricte et dynamisme informel
L’importation de véhicules en Algérie entre dans une phase de reconfiguration totale.
La demande intérieure continue de croître, mais l’offre se rétrécit. Les fluctuations des devises aggravent la situation, et la dépendance aux circuits alternatifs pourrait dynamiser davantage le marché informel de la monnaie.
Une chose est certaine : l’avenir du secteur dépendra de la réaction des acteurs locaux et de la capacité du pays à instaurer un modèle durable et transparent.